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1132.
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1133.Plus d’information
Aux yeux de Foucault, la spiritualité évoque une instance de modification des individus. De ce fait, elle garde une parenté intime avec la manière dont il conçoit les dynamiques de transformation et de constitution de la subjectivité. Mais qu'est-ce que Foucault veut dire lorsqu'il affirme que la spiritualité implique une modification de soi ? Et comment construit-il cette approche de la spiritualité ? Notre hypothèse est que la conception foucaldienne de la spiritualité s'inspire de l'approche de l'expérience élaborée par Georges Bataille tout en la modifiant : pour Foucault, l'expérience n'est pas une instance passive de supplice ou d'extase, mais elle se définit par l'action de l'individu. Cette différence radicale entre la passivité et l'action devient plus claire lorsque nous contrastons la mystique, référence de Bataille pour penser l'expérience, et l'ascèse, activité spirituelle par excellence selon Foucault. Ainsi, nous mettons en évidence le fait que chez le dernier Foucault, la réflexion sur la spiritualité suppose une problématisation de l'action et de l'activité qui constitue une coordonnée clé pour comprendre la manière dont il conçoit la mise en pratique de la liberté.
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1135.Plus d’information
Cet article compare les deux premiers recueils de poésie du Franco-Ontarien Éric Charlebois à partir des travaux de Bertrand Gervais sur les régimes de lecture afin d'explorer les limites lectorales de la littérature minoritaire dite « universaliste » (ou « décontextualisée »). Il montre comment Faux-fuyants (2002), un recueil de poésie « particulariste » (ou « surcontextualisé ») ancré dans le Nord de l'Ontario français, permet aux lecteurs et lectrices qui connaissent la littérature franco-ontarienne de choisir entre ce que Gervais nomme la lecture-en-progression et la lecture-en-compréhension. En revanche, Péristaltisme : clystère poétique (2004) aborde un thème universel, la digestion, tout en mettant constamment en échec ces deux régimes de lecture. Plutôt que de pouvoir choisir leur régime de lecture, les lecteurs et lectrices sont mis au régime par la lecture qui, en se révélant « indigeste », risque de les laisser sur leur faim. Dans l'ensemble, cette étude comparative montre que l'universalisme n'est pas nécessairement la solution aux défis de lecture que le discours critique sur les littératures minoritaires associe souvent au particularisme.
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1137.Plus d’information
La présente lecture de Sept lacs plus au nord (1993), de Robert Lalonde, et Cowboy (1993), de Louis Hamelin, vise à alimenter la réflexion actuelle sur la problématique transculturelle à partir d'un examen des formes de l'altérité Blanc/Amérindien. Plus spécifiquement, seront dégagées les constituantes symboliques d'un « désir métis », métaphore heuristique qui rend compte d'une volonté de devenir autre au contact de la réalité autochtone. Par la reconstruction de l'Indien imaginaire, et en regard des récits de la Nouvelle-France, il sera démontré que le roman contemporain met en scène une ambivalence identitaire. Cette dernière est représentée par des héros québécois francophones hybrides, partagés entre un besoin de régénération et une angoisse de dissolution. Elle tient en l'occurrence lieu d'une identité frontalière où se joue une rencontre avec l'Histoire : entre fantasme d'une origine métisse retrouvée et conflits ethniques.
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1138.Plus d’information
Le présent article entend faire dialoguer le livre de piété du 16e siècle intitulé L'imitation de Jésus-Christ avec « Le torrent » d'Anne Hébert et le Journal de Saint-Denys Garneau. Si l'imaginaire des deux cousins se rencontre dans leurs oeuvres respectives, l'utilisation de L'imitation chez l'un et chez l'autre des deux écrivains pourrait bien conduire à un point de rupture, où la dissonance existentielle relèverait d'une esthétique de la « coïncidence des contraires », pour reprendre l'expression de Georges Bataille.
Mots-clés : Anne Hébert, Saint-Denys Garneau, « Le torrent », Contingence, Absurdité, Coïncidence des contraires
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1139.Plus d’information
La coutume, soit les règles de la vie collective, n'a souvent d'autre but que d'éviter la mauvaise rencontre, la mauvaise alliance, aux jeunes gens et surtout aux jeunes femmes. Qu'il n'arrive pas d'histoires à ceux et à celles qui ne font pas d'histoires… Le malheur, quand il survient, est alors transformé en destin. Nous proposons ici l'hypothèse ethnocritique que le roman réaliste du xixe siècle, qui fait de ces « histoires » l'une de ses thématiques les plus éprouvées, en explore et en dévoile aussi les logiques individuelles, mais surtout sociales et culturelles : il n'y a pas de hasard dans le malheur, moins encore dans le malheur sexuel. C'est à la question des parcours et des « profils » de la femme violée que cette étude se consacre. Elle concerne le cas de Renée Béraud Du Châtel, l'héroïne grande-bourgeoise de La curée de Zola, dont l'agression n'est guère « enromancée » pourtant, et qui n'est pas de celles, a priori, que le naturalisme « destine » à un tel sort.
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1140.Plus d’information
Cette thèse explore les représentations de trois femmes étrangères, plus particulièrement leur relation au mourir et au nourrir, dans la Bible hébraïque. Les personnages à l'étude sont les suivants : Yaël la nomade, meurtrière de Sisera en Jg 4,17-22 et en Jg 5,24-30 ; Izebel la Sidonienne, mise à mort en 2 R 9,22.30-37 ; la femme folle de Pr 9,13-18, qui attire les jeunes hommes vers le She'ôl. Dans chaque scène, les thématiques de la mise à mort et du repas se révèlent dans leur étroite proximité. Pour cette raison, une double interrogation a guidé l'exégèse de chacune des péricopes à l'étude : de quelles manières les dimensions mortifère et nourricière de la représentation de chaque femme participent-elles à la construction de leur féminité …