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51.Plus d’information
La pratique de la détection de métaux a connu un développement considérable durant les quarante dernières années. Prenant la mesure du risque que celle-ci faisait courir au patrimoine archéologique, les pouvoirs publics, à la suite de recommandations internationales, ont mis en place des législations pour tenter de diminuer son impact. Certaines nations à l’image de l’Angleterre et du Pays de Galles, et récemment des Flandres belges, considèrent néanmoins les utilisateurs de détecteurs de métaux plus comme des auxiliaires à la recherche que comme un réel risque pour le patrimoine archéologique, et les encouragent à déclarer leurs trouvailles aux autorités compétentes. De plus, les découvreurs d’objets exceptionnels peuvent se voir récompensés financièrement. En France, où la législation impose l’obtention d’une autorisation administrative pour utiliser un détecteur de métaux, les systèmes déclaratifs font figure d’exemples pour la communauté des utilisateurs de détecteurs, rêvant d’une « collaboration active » entre eux et les archéologues. Certains scientifiques, arguant que la détection illégale est une réalité qu’on ne peut combattre, font cependant le choix d’enregistrer et d’étudier les découvertes des utilisateurs clandestins de détecteurs de métaux, voyant ainsi la possibilité de « sauver ce qui peut l’être ». Cependant, divers exemples issus de l’actualité et de différents médias démontrent que, loin de son but originel, cette pratique offre une caution scientifique à la détection de métaux et une valeur marchande aux objets découverts, créant ainsi une demande alimentant le pillage du patrimoine.
Mots-clés : Archéologie, Détection, Législation, Pillage, France, Angleterre, Flandres, archaeology, detection, legislation, looting, France, England, Flanders
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52.Plus d’information
Cet article porte sur la question du partage de l'espace entre différents types d'habitants coprésents au sein de villes mises en tourisme et en patrimoine. Alors que ce sont généralement les relations entre des visiteurs (touristes) et des visités (résidents) considérés comme deux groupes opposés qui sont abordées, nous souhaitons ici appréhender le partage de l'espace dans une ville touristifiée au prisme d'une double entrée capitalistique. Au fil d'une recherche menée dans la petite ville de Sarlat (Dordogne, France) et mobilisant des entretiens semi-directifs, deux types de capitaux nous sont apparus déterminants pour saisir l'acceptabilité du partage de l'espace. Les rapports que ces habitants (temporaires ou permanents) entretiennent tant aux autres qu'aux lieux, s'ils sont intimement liés à l'espace-temps dans lequel ils se trouvent (quotidien et hors quotidien), ne peuvent être compris uniquement grâce à ceux-ci. Le capital social et culturel, dans une dimension bourdieusienne, et le capital d'autochtonie, à travers la question de l'attachement aux lieux, permettent ainsi de dépasser la catégorisation binaire visiteurs-visités.
Mots-clés : coprésence, partage de l'espace, petite ville, tourisme, patrimoine, Sarlat, copresence, space sharing, small city, tourism, heritage, Sarlat
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53.Plus d’information
Ce texte présente les résultats de deux recherches sur les facteurs jouant un rôle dans le processus de prise en main de la question énergétique au niveau territorial. Adoptant une double approche empirique (un questionnaire et des entretiens semi-directifs), nous avons analysé le rôle de plusieurs facteurs possibles, soit offert comme explication par la littérature soit comme éléments d'explications dans nos deux terrains, pour déterminer ceux qui jouent un rôle de ceux qui sont inopérants.La première section présente le contexte et la seconde les résultats d'une enquête, tandis que la troisième propose une comparaison thématique avec des cas étrangers (en Grande-Bretagne, en Allemagne et Autriche) analysés dans le cadre du projet pour le Conseil Français de l'Énergie.
Mots-clés : énergie, échelle territoriale, facteurs d'appropriation, energy, territorial scale, factors of appropriation
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54.Plus d’information
L'acculturation en France du concept américain d'urban sprawl advint tardivement, au terme d'un cheminement cahoteux qui a fait de l'expression – comme de sa cadette, la périurbanisation – un épouvantail visant à bannir toute pratique considérée comme indûment centrifuge eu égard à la conception dominante de la ville durable. Cette culpabilisation fait généralement litière de la longue durée de l'occupation et du façonnage des territoires, qui leur confère pourtant de fortes particularités imposant la nuance. Le trajet et les raisons de cette dérive sont exposés, en préalable à une démonstration appuyée sur le cas singulier de la Bretagne, prouvant que l'usage inapproprié de l'expression comme du concept fait porter un opprobre largement injustifié sur « les villes invisibles » qui caractérisent désormais cette région.
Mots-clés : Aménités, territoire, Bretagne, bourg, étalement urbain, longue durée, périurbanisation, villes invisibles, Amenities, territory, Brittany, towns and villages, urban sprawl, long-term features, suburbanization, invisible cities, Amabilidades, territorio, Bretaña, villa, expansión urbana, largo plazo, peri urbanización, ciudades invisibles
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55.Plus d’information
Le 15 janvier 1790, l'Assemblée nationale française instituait 83 départements en lieu et place des anciennes provinces. Ce système ne tarda pas à être contesté par les réfractaires à toute idée d'uniformisation, comme par ceux qui dénonçaient le peu de rationalité de la nouvelle organisation. Un débat intense débuta en 1851, qui n'est toujours pas éteint. Il visait à introduire un nouvel ordre territorial fondé sur la région. Ce mot était emprunté aux sciences géographiques alors en plein essor, qui s'en trouvèrent impliquées. Parmi les discriminants qui furent envisagés pour déterminer les limites de ces nouvelles circonscriptions, puis pour leur assurer une stabilité paysagère, figura la maison rurale. Circonspects, les géographes eurent à ce propos à connaître la concurrence des folkloristes et la surenchère des architectes. Au gré de l'évolution de ces disciplines, comme des occasions fournies par les circonstances historiques, la question oscilla de la démarche scientifique à l'idéologie, laissant tout un chacun incertain quant à la capacité d'une architectonique à traduire de façon concomitante une communauté et un territoire.
Mots-clés : Architecture, Bretagne, département, déterminisme, folklore, France, géographie, maison, rationalité, région, tradition, Architecture, Brittany, département, environmentalism, folk, France, geography, housing, rationalism, région, tradition
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56.Plus d’information
La transposition des directives européennes sur les assurances aux mutuelles de santé françaises va être effectuée incessamment sous forme d'« ordonnances » prises par le gouvernement. Il en résultera, comme le montre l'exemple des nombreuses mutuelles locales de Vendée, une concentration des structures administratives et financières. Quoi qu'il en soit, les dirigeants mutualistes sont résolus à maintenir et à développer simultanément leur présence de proximité et leur réseau d'action sociale à dominante bénévole. Enrichi par l'auteur des derniers éléments d'actualité, cet article reprend la contribution présentée au XVe colloque de l'Addes le 7 mars 2000 sous le titre « Les mutuelles de santé face à la législation européenne, exemple des Mutuelles de Vendée ».
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57.Plus d’information
RésuméAttestée en France dès la fin du xive siècle, au moment du changement d'année, la quête d'(o)guilaneu ou (a)guiloneu a très tôt induit une interprétation fantaisiste par « au gui l'an neuf », en référence au cri supposé des druides cueillant le gui à l'aide de leur serpe d'or. Dès le début du xviiie siècle, certains avaient pourtant sans doute vu juste en interprétant le cri des quêteurs (eginane en breton) comme un dérivé du mot egin, germe, bien attesté dans différentes langues celtiques. Cette origine « celtique » pourrait trouver confirmation dans le fait qu'une quête du même type, et sous des appellatifs qui paraissent bien appartenir à une même famille linguistique, a existé sur toute la façade ouest de l'Europe, de l'Écosse au nord jusqu'à l'Espagne au sud. En Espagne, les mots Aguinaldo ou Aguilando désignent encore les étrennes et, en Écosse, Hogmanay a parfois pris la forme d'un grand événement festif pour le nouvel an. En France, cependant, on ne trouve plus guère de traces de l'ancienne quête que les colons ont introduite en Amérique du Nord : aux États-Unis, la Guiannée fait parfois encore partie des festivités du mardi gras; au Québec, la Guignolée a conservé l'aspect caritatif qui était souvent le sien en France, devenant même aujourd'hui une véritable institution qui, en décembre, mobilise médias et organismes publics ou privés. Après une réflexion sur l'origine, le sens et la fonction de la quête, l'intervention s'attache à analyser son évolution ou sa disparition en Europe, et son adaptation et sa diffusion dans les minorités franco-américaines.
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58.Plus d’information
Depuis le milieu du xixe siècle en France et au tournant du xxe siècle en Amérique française, les chercheurs sont confrontés à l'épineux problème de l'édition des récits de tradition orale. Cet atelier, qui coïncide avec une dynamique très actuelle de retour au conte, a pris la forme d'un séminaire « sur mesure » où des spécialistes de ces questions – collecteurs, transcripteurs, éditeurs et analystes qui évoluent dans les contextes pluriels de la francophonie internationale — ont livré leurs points de vue sur la méthode de transcription et la composition du recueil de contes d'après leur expérience particulière des difficultés rencontrées et des meilleures solutions trouvées. Ces journées d'étude, qui sont au coeur des activités de la Chaire de recherche en oralité des francophonies minoritaires d'Amérique (Cofram) et qui préparent le grand projet d'établissement d'un corpus de littérature orale (Éclore), devaient servir à mettre au point un modèle d'édition approprié aux sources orales, souple et intelligible au plus grand nombre, en vue de favoriser vraiment leur utilisation et, peut-être, la relance des études en littérature orale.
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59.Plus d’information
Tourisme, loisirs, et sports tendent en ce début de XXIe siècle à se confondre ou tout au moins à se conjuguer. Les modifications et le mélange de ces trois secteurs sont le reflet des profondes transformations sociales et culturelles de notre société que les organisateurs d'événements sportifs, les collectivités locales ou territoriales ou encore les entreprises privées ont su saisir. Les relations entre ces trois pôles distincts jusqu'alors sont telles que les uns et les autres s'influencent : les touristes demandent de plus en plus d'activités ludosportives tandis que les grands événements sportifs drainent de plus en plus de touristes; la demande oblige à la construction d'équipements, mais les équipements attirent de nouveaux touristes. En bref, tourisme, loisirs et sports participent au développement local et régional tout autant qu'à la satisfaction des individus.
Mots-clés : tourisme, sports, loisirs, aménagement