Documents repérés
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134.Plus d’information
Après le naufrage de l'Erika et du Prestige, les dispositions répressives concernant les rejets illicites d'hydrocarbures à partir des navires ont été modifiées à trois reprises (lois du 3 mai 2001, du 9 mars 2004 et du 1er août 2008). Les sources de ce dispositif répressif figurant désormais aux articles L.218-10 et suivants du Code de l'environnement sont assez complexes car elles sont d'origine nationale, internationale ou communautaire. Afin de responsabiliser les différents acteurs du transport maritime, le Législateur a élargi le cercle des personnes responsables en renforçant considérablement les peines applicables. Ainsi, en cas de pollution volontaire, les peines peuvent s'élever jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 15 millions d'euros d'amende. D'ailleurs, le système est particulièrement abouti lorsque la pollution est involontaire puisque les peines prévues dépendent de trois critères : la gravité de la faute d'imprudence commise, la gravité du dommage causé à l'environnement et la taille du navire. Elles peuvent atteindre 7 ans d'emprisonnement et 10,5 millions d'euros d'amende en cas d'accident de mer aggravé. Mais ce renforcement incontestable de la responsabilité pénale est parfois en trompe-l'oeil. En effet, le dispositif répressif révèle des incohérences en raison d'une probable application rétroactive des dispositions plus douces de la loi du 1er août 2008 mais aussi des incertitudes d'ordre conceptuel ou procédural. Ces anomalies démontrent la dimension symbolique et non pas instrumentale que revêt bien trop souvent le droit pénal en matière de protection de l'environnement.
Mots-clés : responsabilité pénale environnementale, rejet d'hydrocarbures, sécurité maritime, délits de pollution des mers, peine de sanction-réparation, procès de l'Erika, Environmental penal responsibility, Discharge of hydrocarbons, Maritime security, Offences of marine pollution, Punishment of penalty-repair, Trial of Erika
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135.Plus d’information
RésuméCet article rend compte d'une recherche engagée depuis plus d'un an en collaboration avec d'autres disciplines sur la mise en mots de l'habitat populaire au travers d'une enquête de terrain effectuée dans la ville de Rennes (France). Dans une zone réputée gallèse, certaines des rues de cette ville de Bretagne ont une signalétique bilingue (français / breton celtique). Nous analyserons les discours sur les corrélations entre mémoire urbaine (le discours sur l'entité urbaine) et sociolinguistique (le discours sur à la fois la stratification sociolinguistique et à la fois la territorialisation, voire la mobilité linguistique) autour de trois axes de questionnement : 1. la signalétique bi ou plurilingue et la discrimination des espaces, 2. l'affichage de langues (notamment via les odonymes) et les traces d'une mémoire sociolinguistique et 3. l'aménagement linguistique des espaces urbains (imposition, ou reproduction ou validation ou dénégation d'une mémoire sociolinguistique et urbaine) et le dirigisme glottopolitique.
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136.Plus d’information
RésuméLe concept « d'aliénation mentale » au sens étymologique et philosophique veut dire « un processus subjectif par lequel un individu devient étranger à lui-même ». L'aliénation recouvre le sentiment d'impuissance (ne pas pouvoir influencer le cours des événements), l'absence de reconnaissance des normes sociales conduisant vers un isolement mental et social, enfin le manque de sens (ne pas comprendre le monde dans lequel on vit). Suivant Engels et Marx, comme le malade mental, le travailleur moderne est aussi touché par une forme d'aliénation, cette fois objective. Comme la maladie mentale, le travail fait de l'homme un étranger à lui-même et conduit à de multiples formes d'asservissement, par l'absence de pouvoir sur sa conduite, par l'obéissance aveugle à des normes sociales, et par la réification dans le produit aliéné du travail de son essence humaine conduisant à la perte de sens (Rosner, 1967).
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138.Plus d’information
Dans cet article, nous proposons une lecture de deux romans français de l'extrême contemporain, Naissance d'un pont de Maylis de Kerangal (2010) et L'Homme des haies de Jean-Loup Trassard (2012). Ces auteurs présentent des personnages qui vivent, en marge ou tout à fait hors d'un environnement humain, une interaction particulière avec les règnes animal ou végétal. Nous prêterons attention à la façon dont les romanciers argumentent en faveur d'une sympathie pour ceux qui vivent des expériences authentiques dans la nature – que le progrès industriel et les problèmes écologiques risquent de rendre bientôt impossibles. Nous aborderons aussi le travail d'écriture qui accompagne les descriptions et les prises de position des auteurs étudiés et tiendrons compte de la façon dont ils jouent avec les conventions du roman réaliste (Trassard) et de l'épopée (Kerangal).
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139.Plus d’information
Depuis la fin des années 1980, les didacticiens de la géographie et les textes officiels mettent en avant un enseignement problématisé de la géographie. Pour les enseignants généralistes de l'école primaire française, cette problématisation est-elle aussi évidente que cela à mettre en oeuvre dans leurs pratiques d'enseignement? Après avoir précisé le sens des termes «problème» et «problématisation» dans le champ scolaire, nous présentons ces propositions didactiques adressées aux enseignants. Enfin, nous mobilisons les résultats d'une recherche empirique qui donne à voir une géographie enseignée peu «problématisée», ce qui conduit à penser que la «problématisation» dans l'enseignement de la géographie à l'école primaire ne semble pas aller de soi.
Mots-clés : géographie scolaire, école primaire, problématisation, didactique, travail enseignant, school geography, elementary school, problematization, didactics, teaching, geografía escolar, escuela primaria, problematización, didáctica, trabajo docente
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140.Plus d’information
La sociologie catholique du catholicisme étudie la place du catholicisme dans les sociétés avec des méthodes scientifiques et objectivantes, dans un but partiellement spirituel ou pastoral. Cet article s'intéresse au destin de ce champ disciplinaire dans le cadre français, en le saisissant en lien avec les positions personnelles de ses principaux protagonistes. Impulsée par un universitaire, Gabriel Le Bras, au début des années 1930, la sociologie catholique du catholicisme ne prend son essor qu'après 1945, avec le concours d'hommes d'Église, au premier rang desquels figure Fernand Boulard. Son succès, qui repose sur une coopération entre monde académique et monde ecclésial, est néanmoins fragile. L'auteur s'attache à analyser les raisons de sa délégitimation dans le monde universitaire (au milieu des années 1950) puis dans le monde catholique (au milieu des années 1960) tout en s'interrogeant sur une éventuelle postérité.