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654.Plus d’information
L'avènement d'une catastrophe expose la vulnérabilité et la résilience d'une communauté. Pour la même raison, la catastrophe représente une fenêtre d'opportunité pour modifier ces conditions. Mais est-ce vraiment le cas? Est-ce que les catastrophes sont suivies par un changement des conditions de vulnérabilité qui l'ont générée ou des facteurs de résilience qui en ont mitigé les effets? À quelles conditions et comment? Cet article cherche à répondre à ces questions à travers l'étude historique des transformations en aval des catastrophes. Nous concentrerons l'analyse sur les désastres séismiques, qui constituent le terrain d'expertise principal de l'auteur, mais avec l'ambition de proposer des éléments de réflexion qui puissent s'adapter à d'autres typologies de catastrophes naturelles. Sur la base d'une comparaison entre le tremblement de terre de Messine de 1908 et celui de la vallée du Belice (Italie) de 1968, mais aussi en référence à d'autres cas, cet article dégagera certains facteurs clés pour comprendre les modifications que les politiques des catastrophes peuvent apporter sur les éléments qui rendent possible la catastrophe ainsi que sur les facteurs qui permettent – une fois la catastrophe survenue – de s'en remettre. L'article se concentre notamment sur trois aspects: le lien entre interprétations du désastre et politiques de protection; les conséquences à long terme des choix de l'urgence; les dispositifs de mémoire institutionnelle. À travers ces trois étapes, l'article démontre comment la modification ou non des conditions de vulnérabilité et résilience est liée aux tensions et conflits entre plusieurs acteurs et intentionnalités qui ne sont pas forcément liés aux politiques de protection et produisent, sur le temps long, des conséquences imprévues.
Mots-clés : catastrophes, politiques des catastrophes, vulnerabilité, résilience, tremblement de terre, histoire des catastrophes, resilience, vulnerability, earthquake, disasters, disasters history
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655.Plus d’information
L'article considère les rapports officiels comme des instruments d'action publique déterminant certaines représentations d'un problème public. En comparant la production de rapports en France et au Québec sur le gaz de schiste, il y est démontré que le processus rédactionnel est d'abord contraint par des choix initiaux en termes de mandat et d'organisation, puis que les pratiques consultatives et référentielles des commissions contribuent à définir les significations de la controverse. Ces rapports diffusent ensuite certaines représentations du problème public qui suivent des trajectoires variées en fonction des acteurs susceptibles de porter ces arguments dans le débat public. Le rapport est un instrument de l'action publique grâce à sa capacité à légitimer certaines significations, mais il possède aussi des effets non maîtrisés, telle sa réutilisation hors du cadre du mandat.
Mots-clés : gaz de schiste, rapport, instrument d'action publique, problème public, shale gas, official report, policy tool, public problem
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656.Plus d’information
RésuméLa planification urbaine est devenue une pratique de proximité. Elle se réalise à l'intérieur de pratiques de concertation et sous des modes partenariaux où les réseaux de quartier jouent un rôle clé. Dans ces espaces de concertation, on observe une tension entre les réseaux et l'affirmation du sujet, en particulier en situation de controverse d'aménagement. Un examen du système autoroutier de la région de Montréal a été engagé en 2001 et 2002 lors de la formation de la Commission de consultations sur l'amélioration de la mobilité entre Montréal et la Rive-Sud et des audiences publiques du BAPE sur le projet de modernisation de la rue Notre-Dame. Ces épisodes ont donné lieu à de larges débats publics, parfois inscrits à l'échelle métropolitaine. Ils ont permis de reformuler les enjeux de la planification des transports en insistant sur des dimensions oubliées, comme la qualité de vie, le cadre de vie et l'environnement. Dans ce débat, des acteurs locaux, qui avaient voulu se définir comme des partenaires et qui avaient soutenu la proposition du ministère des Transports, ont connu un échec relatif, l'option retenue étant celle des associations et des individus peu ou pas inscrits à l'échelle locale du quartier. L'article suit l'évolution des modes de planification durant cette intense période de débat et, à travers les enjeux soulevés, analyse les impacts des négociations survenues entre les différents intervenants.
Mots-clés : planification des transports, consultation publique, espace public, médias, environnement, transportation planning, public debate, public sphere, medias, environment