Documents repérés
-
571.Plus d’information
Comment saisir en situation les sentiments d'injustice socio-environnementale en tant qu'expérience ? Comment faire de ces sentiments des objets d'enquête partagée entre les chercheurs et les informateurs ? C'est pour répondre à de telles questions que des dispositifs d'enquête ont été développés à partir de performances de théâtre forum au Sénégal. Cet article présente ces dispositifs selon une perspective pragmatique. Cette méthode s'appuie sur la représentation de situations qui affectent de manière différentielle des acteurs constitués en public. Contrairement aux méthodes classiques d'enquêtes qualitatives, la dimension affective structure ces processus d'investigation. Une telle démarche répond d'enjeux éthiques de la recherche en définissant des situations d'enquête partagées entre chercheur et informateur. La parole des informateurs est au coeur du dispositif théâtral : parole mise en corps et en scène, elle devient critique et analytique dans le cadre des forums associés aux représentations. Cependant, l'article souligne certains effets de cadrage et risques éthiques associés à ces méthodes d'enquête qui ouvrent, en même temps qu'elles les explorent, la possibilité de nouveaux mondes.
Mots-clés : Théâtre forum, enquête pragmatique, sentiments d'injustice, travail des émotions, relation enquêteur-informateur, Forum Theatre, Pragmatic Enquiry, Feelings of Injustice, Emotional Work, Interviewer Informant Relationship
-
573.Plus d’information
La notion de crime contre l'Humanité a connu une lente évolution en droit international, depuis les premières conceptions en droit des gens, en passant par le droit de la guerre ou les conventions dites humanitaires jusqu'à la première codification normative élaborée et appliquée lors des procès de Nuremberg et de Tokyo.Nous constatons, malgré la réticence avouée du Tribunal Militaire International de Nuremberg à consacrer l'autonomie du crime contre l'Humanité par rapport au crime de guerre et au crime contre la paix, que le droit international d'après-guerre reconnaît de plus en plus le caractère générique et autonome de cette incrimination.Le droit canadien applicable en cette matière constitue d'ailleurs une illustration éloquente de la pratique des États relative à la sanction par voie nationale d'une norme pénale internationale. Il ne fait pas de doute que l'interprétation du droit applicable dans l'affaire R. c. Finta accorde au crime contre l'Humanité la véritable place qu'il aurait dû occuper en droit pénal international dès Nuremberg.Cependant, si l'on reconnaît que l'incrimination relève du droit international, la sanction devrait logiquement également s'effectuer par voie internationale.Un tribunal international permanent chargé de sanctionner universellement le crime contre l'Humanité verra-t-il le jour ?
-
574.Plus d’information
Située à une heure de Paris et à seulement 25 kilomètres de Cergy, Magny-en-Vexin est une commune du Val-d'Oise comptant près de 5 600 habitants. Environné de grandes cultures et de forêts, Magny s'inscrit dans un Parc naturel régional et est traversé par l'Aubette, une rivière autrefois aménagée pour les besoins domestiques et économiques de la ville, à la base du développement de son artisanat et de sa petite industrie (moulins, tanneries, chaiseries, sucrerie). Du faisceau d'activités humaines jadis rassemblées au fil de l'eau, les jardins sont parmi les derniers usages. Ils permettent de recréer un dialogue avec les habitants et leurs élus pas seulement préoccupés par le risque d'inondation d'une rivière dont on a voulu trop artificialiser le cours et les paysages. Les jardiniers sont les acteurs de nouvelles pratiques qui contribuent à redéfinir un sens mais aussi un rapport intime à ces espaces rivulaires dont on cherche à reconnaître « la valeur des lieux ». Au-delà de la clôture et de l'objet qui sépare, les jardins semblent constituer aujourd'hui un nouveau levier d'appropriation et de renouvellement d'un paysage historique ; ils participent à revitaliser un centre bourg et à mettre à jour une diversité de formes et de pratiques socio-spatiales induisant de nouveaux regards ainsi que de nouveaux agissements individuels et collectifs.
Mots-clés : Territoire, paysage, jardins potagers, pratiques jardinières, projet urbain durable, Land, Landscape, Vegetable Gardens, Garden Practices, Sustainable Urban Planning
-
576.
-
579.Plus d’information
Cet article analyse les événements entourant le débat sur la nature de la participation du Québec au sein de la Francophonie, de l'affaire Gabon (1968) jusqu'à la deuxième conférence de Niamey (1970), afin d'explorer les origines et les inspirations de l'activité internationale du Québec. Les récits antérieurs ont mis l'accent sur l'intérêt manifesté par les néonationalistes pour le développement de relations avec la France et la communauté internationale francophone et sur l'idée que le Québec devait se projeter sur la scène internationale afin de protéger ses juridictions constitutionnelles contre les empiétements fédéraux. Cet article soutient que toute analyse des circonstances entourant la participation du Québec à l'institutionnalisation de la Francophonie et des efforts qu'il déploie pour affirmer sa « capacité internationale » doit aussi tenir compte de l'évolution parallèle du Canada vers la souveraineté internationale d'une part, et du fait que les actions posées par le Québec s'inspirent en partie de son patrimoine constitutionnel canado-britannique d'autre part. Pour le Québec, l'appui de la France s'avère certes crucial pour l'obtention et le maintien d'une place à la table de la Francophonie. Pourtant, en accord avec les éléments pragmatiques et gradualistes de sa culture politique –un legs de son patrimoine britannique –, le Québec a dû, tout au long de ce processus, faire preuve de prudence dans ses relations avec la France, tant il est vrai que la compréhension qu'a Paris des réalités et des enjeux québécois demeurait imparfaite.
-
580.Plus d’information
Cet article étudie un processus participatif officiel : le débat public organisé, de mars à juin 2006, par la Commission nationale du débat public (CNDP). Ce débat avait pour objectif de s'interroger sur l'utilité d'un projet, attendu par certains habitants et leurs autorités locales depuis 1965 : la construction du prolongement d'une autoroute dans les Yvelines (Île-de-France, France).Notre analyse examine ce débat à travers un cadre d'évaluation pour les approches participatives. Ce cadre d'évaluation distingue trois types d'effets, correspondant à trois échelles de temps différentes: 1) Les effets procéduraux reflètent les effets du débat à court terme (meilleure qualité et utilisation de l'information du processus décisionnel et conditions de la participation du public). 2) Les effets substantifs traitent de l'impact du débat sur la décision finale. Ils ne peuvent être évalués qu'une fois la décision effectivement prise. 3) Les effets contextuels reflètent les effets de long terme du débat sur les communautés locales et, plus généralement, sur la société et les institutions. Notre étude montre comment ce cas d'étude peut être apprécié à la lumière de ces trois effets.
Mots-clés : aménagement du territoire, autoroute A12, débat public, effets contextuels, effets procéduraux, effets substantifs, évaluation, processus participatif, assessment, contextual effects, highway A12, land use planning, participation process, procedural effects, public debate, substantial effects