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361.Plus d’information
John Impert cherche à faire un peu de lumière sur les dissensions qui se sont crées entre les défenseurs de patrimoine national, et les grands musées universels qui tentent, tant bien que mal de conserver des oeuvres saisies illégalement au cours du troisième Reich. Pour démontrer son propos, il a choisi de se concentrer sur les aléas juridiques impliquant héritiers et musées, dans des cas de restitutions éminentes d'oeuvres spoliées au cours de la deuxième guerre mondiale, en Autriche.
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362.Plus d’information
Depuis leur fondation en 2003, l'activité toujours croissante des Éditions Tintamarre, petites presses universitaires basées au Centenary College of Louisiana, à Shreveport, a donné un nouveau souffle à l'édition francophone en Louisiane. Se décrivant comme une « maison d'édition en langues patrimoniales » — heritage language press —, Tintamarre réédite des oeuvres du xixe siècle tout en tendant la main à la création actuelle en français. C'est ce « double jeu » qu'examine cet article. D'une part, il interroge l'inscription de cette entreprise de récupération littéraire dans divers contextes, ou champs d'insertion, au moyen de l'enjeu stratégique que serait la qualité patrimoniale des textes (re)publiés; ceux-là comprennent entre autres : le multilinguisme étatsunien, la francophonie nord-américaine ou encore les études françaises aux États-Unis. D'autre part, il met en lumière la « cohérence de la contradiction » qui sous-tend cette initiative hardie, à savoir la promotion du livre-monument, présenté comme un héritage culturel appartenant même aux non-francophones, afin de favoriser le livre-texte, instrument de développement du français comme langue vivante en Louisiane.
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363.Plus d’information
Dans l'affaire Alberta c. Hutterian Brethren of Wilson Colony, la Cour suprême du Canada a reconfiguré son approche quant à l'article 1 de la Charte canadienne des droits et libertés en statuant que la dernière étape du critère établi dans R. c. Oakes (soit la condition de proportionnalité entre les effets salutaires et délétères d'une mesure) formait le cadre essentiel de son analyse. L'auteure suggère que l'accent mis par la cour sur cette dernière étape du critère Oakes ne représentait pas la meilleure réponse aux arguments spécifiques avancés par l'Alberta en matière d'atteinte minimale. L'Alberta soutenait que la province ne pouvait exempter les huttérites de l'exigence de prise de photo de permis, même s'ils s'y opposaient pour des motifs religieux. La province justifiait cette position à la lumière de son interprétation de la décision Syndicat Northcrest c. Amselem, selon laquelle les gouvernements ne pouvaient enquêter sur la sincérité des croyances religieuses. L'Ontario, en tant qu'intervenant, a appuyé les arguments de l'Alberta. Bien que la cour n'ait pas abordé l'analyse de l'atteinte minimale, l'auteure suggère que les provinces ont interprété Amselem de façon inutilement stricte. L'auteure propose ainsi une exemption qui adhère aux critères d'Amselem tout en remplissant les objectifs de l'Alberta en matière de sécurité. De façon plus générale, l'auteure stipule que la préoccupation des provinces dans Hutterian Brethren démontre le rôle critique que joue le critère de l'atteinte minimale dans Oakes pour générer des solutions aux conflits entre les lois d'application générale et les pratiques religieuses minoritaires. Par contraste, l'accent mis par la cour sur le critère des effets proportionnels pourrait malheureusement décourager les parties de formuler des alternatives potentiellement novatrices.
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365.Plus d’information
Envisager la traduction littéraire comme un acteur dans les rapports de force conduit à un renouveau d'intérêt pour la question de la censure en traduction. Afin de tenter de démêler les liens complexes entre la loi formelle et les normes (intériorisées), cet article se penchera sur le rôle que joue la censure volontaire – ou autocensure – dans les domaines où la censure formelle (par exemple, la loi édictée par le droit ou la loi religieuse) n'est pas rigoureusement appliquée. Nous décrirons d'abord brièvement certains aspects de la censure formelle en Israël, pour ensuite présenter des cas où la frontière entre la censure formelle et l'autocensure semble floue. Nous examinerons d'abord l'attitude des traducteurs à l'égard de l'usage des mots « cochon » et « porc », puis nous nous pencherons sur le cas du Comité de censure établi par le ministère de l'Éducation pendant les années 1960, dont le mandat était d'expurger la littérature de toute obscénité. Ces deux cas nous aideront à mettre en évidence les racines profondes des mécanismes d'autocensure et le besoin quasiment nul de censure formelle quand des groupes ou des individus opprimés comprennent que travailler en accord avec le consensus est plus avantageux que de s'y opposer. L'exemple d'un livre interdit dans la communauté orthodoxe – et donc soumis à une censure préalable à sa traduction – servira à éclaircir un autre aspect de la censure, à savoir les mesures correctives mises en application quand l'autocensure volontaire n'est pas exercée.
Mots-clés : (self-)censorship, pig/pork, obscenity, hegemony, mainstream/periphery, reviewers, (auto)censure, cochon/porc, obscénité, hégémonie, centre/périphérie, critiques
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367.Plus d’information
RésuméCet article aborde un aspect négligé des écrits sur le sublime : celui du genre. Je ferai valoir que les critiques abordent trop souvent le sublime comme s'il opérait transcendentalement par rapport à ses instantiations, cherchant peu à comprendre comment le mode du sublime s'agence avec les genres à l'intérieur desquels il est encodé.Quand Byron gravite vers le sublime, il a tendance à le faire dans le mode tragique. Les prédicats traditionnels de la sublimité (l'infinité, l'obscurité, l'ineffable, etc.) s'appliquent bien à des oeuvres comme celle de Manfred, la réécriture chargée du Faust de Goethe, dans laquelle rien de moins sinistre n'est présenté dans la forme d'un personnage dramatique. Dans cet article, je situerai les réussites de Byron en tragédie par rapport à celles de ses contemporains européens. Celles-ci seront également examinées à la lumière de réflexions sur la tragédie et le sublime des idéalistes allemands.
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368.Plus d’information
RésuméLe don et l'abandon : la trace de la traduction dans la blanche écriture du concept — Cette étude met en question l'ascendant du concept dans le domaine de l'expression ou, plus généralement, celui des « arts du sens ». L'impossibilité qui frappe la nécessité même de la traduction comme vecteur de la signification, loin de l'aliéner, l'instruit plutôt comme agent créateur d'une dimension de sens dont l'ouverture, virtuellement infinie, est intimement liée à la finitude qui s'attache au partage de la condition humaine. C'est là la limite du concept et le plan de démarcation de toute poétique en regard de la normativité inhérente à l'exercice du langage. C'est aussi la frontière qu'explore la traduction, qui ne saurait alors être reléguée à une fonction ancillaire en vertu de laquelle il lui incomberait simplement de préserver l'univocité du signifié (concept) commandant la translation idyllique entre une langue-source et une langue-cible. La traduction est par essence « performative », c'est-à-dire qu'elle produit du sens. Ainsi fait-elle brèche vers une dimension d'universalité qui n'est pas d'abord subordonnée à l'unité du concept, mais se ressource et trouve son épanouissement dans l'unicité de la forme, celle d'une langue dont l'incomplétude est non seulement avérée, mais sollicitée dans son rapport à l'étranger. Il ne lui appartient pas de communiquer quelque chose, mais de révéler l'essence même de la communicabilité.
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369.Plus d’information
RésuméTraductions hébraïques d'oeuvres palestiniennes — de la dénégation totale à une reconnaissance partielle — Le présent article retrace les traductions en hébreu d'oeuvres palestiniennes émanant de Cisjordanie, de la bande de Gaza et de la diaspora palestinienne. Il explore également le passage graduel de la dénégation totale à une reconnaissance partielle de ces écrits au coeur du polysystème culturel hébreu.L'introduction est suivie de trois parties. La première examine la position de la culture hébraïque israélienne face aux traductions d'oeuvres palestiniennes depuis les années 50, dans le contexte historique du conflit israélo-palestinien. La deuxième porte sur la publication des traductions de certaines oeuvres par quelques auteurs. Finalement, la dernière étudie les représentations théâtrales en hébreu d'adaptations d'oeuvres palestiniennes traduites.
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370.Plus d’information
RésuméCette étude se penche sur l'écriture de l'écrivaine haïtienne Edwige Danticat dans le cadre de l'(im)migration et de la traduction en la contrastant avec celle d'Eva Hoffman dans Lost in Translation. Les traumatismes causés par l'émigration émergent de façon différente chez ces deux auteures qui doivent négocier la nouvelle identité leur permettant de les surmonter. Hoffman se résigne à se traduire elle-même pour développer son moi américain, mais ne se remet jamais de la perte de son moi polonais. Danticat, en reconnaissant dès son arrivée à New York, qu'elle est déjà un être traduit, creuse dans le passé collectif haïtien afin de créer des personnages de fiction qui trouvent dans la traduction de leur moi la force de conjuguer deux langues et deux cultures sans nier leur passé personnel et collectif.
Mots-clés : Haitian Diaspora, immigration, trauma, translation, self, Diaspora haïtienne, immigration, traumatisme, le moi